Avril 2006
Volume 4, numéro 1
 
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Innovations en chirurgie
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  ISSN: 1712-3526
 

Profil d’un institut de recherche - CSTAR

Le succès associé à une méthode mixte innovatrice de traitement des maladies du cœur soulève l’intérêt
  CSTAR

Une équipe médicale multidisciplinaire de CSTAR (Canadian Surgical Technologies & Advanced Robotics) observe une hausse marquée du nombre de patients de partout au Canada qui lui est référée en vue d’un traitement innovateur relativement nouveau contre les maladies du cœur. En 2004, l’équipe a été la première en Amérique du Nord à effectuer dans une même salle d’opération et au même moment deux interventions différentes pour débloquer des artères pontage cardiaque à effraction minimale assisté par robot et une angioplastie avec mise en place d'un tuteur

Bien que les interventions individuelles ne soient pas nouvelles, leur combinaison en un seul épisode de soins est, quant à lui, tout à fait unique. Avant les interventions « hybrides », les patients qui avaient besoin des deux interventions subissaient d’abord un pontage, puis, un ou deux jours plus tard, une angioplastie, ou vice versa. L’intervention a été rendue possible grâce aux technologies d’avant-garde, telle l’imagerie 3D, dont est dotée la salle d’opération hybride/d'angio de CSTAR, située au London Health Sciences Centre (LHSC), l’une des rares installations du genre dans le monde.

« La combinaison du pontage et de l’angioplastie dans une seule salle d’opération constitue une toute nouvelle option de traitement pour les patients atteints d’une maladie cardiaque », affirme Bob Kiaii, chef du projet de recherche sur le pontage coronarien assisté par robot mené par CSTAR et chirurgien cardiaque au LHSC. « La nouvelle intervention hybride a pour avantages de réduire la durée d’hospitalisation d’environ deux jours, comparativement à la méthode classique de traitement, et d’accélérer le rétablissement, ce qui profite tout autant aux patients qu’au système de santé. »

Trente interventions « hybrides » ont été pratiquées depuis septembre 2004 au London Health Sciences Centre.

Le Dr Kiaii indique que le nombre de patients qui sont référés à son équipe ne cesse d’augmenter, le succès de l’intervention étant de plus en plus connu. « Les interventions assistées par robot représentent actuellement 80 % de ma pratique, vu le nombre de patients qui nous sont adressés de partout au Canada. »

Le Dr Kiaii utilise le robot da Vinci à quatre bras pour effectuer un pontage sur une seule artère coronaire bloquée; il pratique de petites incisions au lieu de couper les os thoraxiques en deux. De plus, l’intervention s’effectue sans qu’il faille arrêter le cœur de battre, contrairement au pontage classique, au cours duquel on arrête le cœur et on fait circuler le sang dans un cœur-poumon artificiel. Selon le Dr Kiaii, « lorsqu’on utilise une procédure qualifiée de ‘‘sans pompe’’, les patients courent un moins grand risque de complications telles que l’inflammation, les effets secondaires d’ordre neurologique et les saignements. » Ce type d’intervention permet également d’éviter de couper le sternum et réduit le risque de complications et d’infections post-opératoires.

Dr. Bill Kostuk and Dr. Bob Kiaii consult about a patient’s case.
Le Dr Bill Kostuk (à gauche) et le Dr Bob Kiaii se consultent à propos du cas d’un patient avant que l’angioplastie ne soit complétée par le Dr Kostuk dans la salle d’opération hybride CSTAR.

Immédiatement après le pontage, les cardiologues procèdent à l’intervention coronarienne percutanée (ICP), ou angioplastie, et mettent en place un tuteur pour dilater d’autres artères rétrécies. Selon le Dr Kostuk, chirurgien cardiaque au LHSC, « l’intervention mixte nous permet d’effectuer une ICP sur les patients en réduisant les risques. » Durant une IPC, on insère un petit tube (cathéter) de l’aine jusqu’à l’artère. Dans ce tube, on fait pénétrer jusqu’au segment rétréci de l’artère un plus petit cathéter muni à son extrémité d’un ballonnet. Ensuite, on gonfle le ballonnet, qui écrase les dépôts de graisses contre la paroi de l’artère et agrandit donc l’ouverture. On place ensuite un tuteur (treillis métallique) dans le segment dilaté. On presse le tuteur contre la paroi du vaisseau en gonflant un ballonnet. À la fin, on obtient un vaisseau sanguin bien ouvert dans lequel le sang s’écoule normalement.

Les patients qui pourraient être admissibles selon le protocole de recherche hybride sont ceux dont les artères sont bloquées et qui profiteraient d’un pontage à effraction minimale assistée par robot et qui ont aussi des artères bloquées non accessibles par une intervention à effraction minimale et seraient traités au moyen d’une ICP.

CSTAR bénéficie pour ses recherches de subventions de la Fondation canadienne pour l’innovation ainsi que du gouvernement de l’Ontario. CSTAR est un programme de recherche en collaboration du London Health Sciences Centre et du Lawson Health Research Institute. Il est rattaché à l’Université de Western Ontario.

©2006 Veille sur la technologie médicale au Canada spacer Conseil national de recherches Canada